aller au menu - aller au contenu

article n°11/562
le 29/10/2008 à 01:47
mes idioties

Hu !

Théoriser la descendance... Ou descendre la théorie ?


article n°12/562
le 08/10/2008 à 19:31
les mots des autres

on ne rattrape pas un couteau qui tombe ...

« Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d'air dans un courant régulier d'entreprise . Mais la situation devient sérieuse lorsque l'entreprise n'est plus qu'une bulle d'air dans le tourbillon spéculatif ». Keynes - Théorie générale - 1936

(…)La première Bourse moderne (moderne en particulier quant au volume des transactions) apparut cependant à Amsterdam au début du XVIIe siècle. Et ce fut dans le plat pays des Hollandais avec ses larges horizons, chez ce peuple austère et pondéré, que se produisit dans les années 1630 la première des grandes explosions spéculatives connues dans l'histoire. Elle reste jusqu'à ce jour l'une des plus remarquables. Mais elle ne porta pas sur les actions offertes en Bourse, ni sur l'immobilier, ni, comme on aurait pu croire, sur les superbes tableaux des grands maîtres hollandais. La spéculation porta sur les bulbes de tulipe, et elle est passée dans l'histoire depuis trois cent cinquante ans sous un nom bien à elle - la tulipomanie.

La tulipe - Tulipa de la famille du lis, les Liliacées, dont il existe environ 160 espèces - pousse à l'état sauvage dans les pays de la Méditerranée orientale et plus à l'est. Ses bulbes arrivèrent pour la première fois en Europe occidentale au XVIème siècle; un chargement parvenu de Constantinople à Anvers en 1562 aurait joué un rôle particulièrement important pour faire connaître et aimer largement cette fleur. Avec le temps, on l'aima vraiment beaucoup; un immense prestige fut bientôt associé à la possession et à la culture de la plante.

La spéculation, on l'a dit, survient lorsque l'imagination populaire se fixe sur quelque chose d'apparemment nouveau dans le domaine du commerce ou de la finance. La tulipe, belle, de couleurs variées, fut l'un des premiers supports qui servit à cet usage. Jusqu'à ce jour, elle reste l'un des plus étranges. Rien de plus improbable n'a jamais si merveilleusement contribué à l'illusion collective que nous examinons ici.

Toute l'attention se concentra sur la possession et l'exhibition des variétés les plus ésotériques. Et, si l'on aimait beaucoup les plus exceptionnelles de ces fleurs, on aima vite encore plus la hausse de prix que leur beauté et leur rareté imposaient. C'est pour cette hausse qu'on achetait à présent les bulbes et, vers le milieu des années 1630, elle semblait ne devoir connaître aucune limite.

Le rush pour investir engloutit la Hollande tout entière. Aucun individu doué d'un minimum d'ouverture d'esprit ne jugea pouvoir se permettre de rester hors course. Les prix étaient extravagants; en 1636, un bulbe jusque-là « sans valeur intrinsèque » pouvait s'échanger contre « un carrosse neuf, deux chevaux gris et leurs harnais ».

La spéculation se fit de plus en plus intense. Un bulbe pouvait maintenant changer de mains plusieurs fois à des prix en forte hausse et merveilleusement gratifiants alors qu'il était encore sous terre et que personne ne l'avait vu. Il y eut aussi des accidents terribles. Charles Mackay, dans Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds [Illusions collectives extraordinaires et la folie des foules], son ouvrage classique sur la spéculation (et autres manquements à la raison), se délecte à raconter l'histoire suivante, qu'il reprend des Voyages de Blainville : un jeune marin, venu annoncer l'arrivée dans le port d'une cargaison de marchandises du Levant, reçut du marchand en récompense un beau hareng rouge pour son petit déjeuner. Quelques instants plus tard, le marchand, qui participait à fond à la spéculation sur les tulipes, découvrit qu'il manquait un bulbe de Semper Augustus qui valait quelque 3 000 florins, c'est-à-dire la somme inimaginable de 25 000 à 50 000 dollars d'aujourd'hui. Il fit chercher le marin pour l'interroger, et on le trouva, tout content, en train de finir l'oignon - puisqu'il avait cru que c'en était un - avec le hareng.

Dans un passage particulièrement mémorable, Mackay décrit le climat dans le pays pendant la spéculation :

La demande pour les tulipes d'espèce rare augmenta tant au cours de l'année 1636 que des marchés réguliers pour leur vente furent ouverts à la Bourse d'Amsterdam, à Rotterdam, à Haarlem, à Leyde, à Alkmaar, à Hoorn et dans d'autres villes (... ) Au début, comme dans toutes ces folies du jeu, la confiance était au plus haut, et tout le monde gagnait. Les professionnels de la tulipe spéculaient sur la hausse et la baisse des stocks de tulipes, et faisaient de gros profits en achetant quand les prix tombaient et en revendant quand ils montaient. Beaucoup d'individus devinrent soudainement riches. Un appât en or massif pendait, alléchant, devant le nez des gens et, l'un après l'autre, ils se ruèrent sur les marchés aux tulipes comme des mouches sur un pot de miel. Tout le monde s'imaginait que la passion des tulipes durerait toujours, que les riches de tous les coins du monde enverraient leurs gens en Hollande et paieraient quelque prix qu'on puisse en demander. Toute la fortune de l'Europe viendrait se concentrer sur les rives du Zuiderzee, et la pauvreté serait bannie de l'heureux ciel de la Hollande. Nobles, bourgeois, paysans, mécaniciens, marins, valets de pied, femmes de chambre, même les ramoneurs et les vieilles fripières boursicotaient dans la tulipe. Des personnes de tout rang convertissaient leurs biens en argent liquide qu'ils investissaient dans les fleurs. Les maisons, les terres étaient mises en vente à des prix ridicules, ou assignées en paiement dans des affaires conclues sur le marché aux tulipes. Les étrangers furent pris de la même frénésie et l'argent afflua vers la Hollande de tous les horizons. Les prix des biens de première nécessité montèrent encore graduellement : maisons et terres, chevaux et voitures, produits de luxe de toute sorte s'apprécièrent avec eux et, pendant quelques mois, la Hollande parut l'antichambre même de Ploutos. Les opérations de ce commerce devinrent d'une telle ampleur et d'une telle complexité que l'on jugea nécessaire de rédiger un code juridique pour guider les parties (... ) Dans les plus petites villes, où il n'y avait pas de Bourse, la principale taverne du lieu était généralement choisie comme «scène du spectacle», où grands et petits négociaient les tulipes et confirmaient leurs marchés dans des banquets somptueux. Ces festins regroupaient parfois deux ou trois cents personnes, et de grands vases de tulipes épanouies étaient placés à intervalles réguliers sur les tables et les buffets pour le plaisir des yeux pendant le repas.

C'était merveilleux. Jamais dans leur histoire les Hollandais n'avaient semblé en position si favorable. Conformément aux règles immuables qui gouvernent ces épisodes, chaque hausse des prix persuadait plus de gens encore de prendre part à la spéculation. Cela justifiait les espérances de ceux qui y participaient déjà, pavant la voie pour encore plus de transactions et de hausses, et assurant encore plus d'enrichissements sans limite. Pour acheter, on empruntait ; les petits bulbes faisaient « levier » pour les gros prêts.

La fin arriva en 1637. Là encore, les règles de base mènent le jeu. Les sages et les nerveux commencèrent à prendre leurs distances, nul ne sait pourquoi ; d'autres les virent partir ; la ruée pour vendre se fit panique ; les prix tombèrent comme dans un précipice. Ceux qui avaient acheté, souvent en mettant leurs biens en gage pour obtenir un crédit - voici le levier -, furent soudain dépouillés de tout, ou en faillite. « Des marchands opulents furent réduits à une quasi-mendicité, et plus d'un représentant d'une noble lignée vit les destinées de sa maison irrémédiablement ruinées », écrit Mackay.

Au lendemain du krach, on tempêta, on récrimina, on chercha des boucs émissaires avec fureur - tout cela est normal -, et l'on ne mit pas moins d'acharnement à éviter toute mention de la folie collective qui était la vraie cause du drame. Ceux qui s'étaient engagés par contrat à acheter à des prix énormément gonflés manquèrent massivement à leur parole. Les vendeurs excédés cherchèrent à obtenir la mise à exécution de leurs contrats par voie de justice; les tribunaux, y voyant une sorte de pari, ne les aidèrent pas. Comme pour les banques et caisses d'épargne américaines qui ont fait faillite ces derniers temps, on se tourna alors vers l'ultime recours : l'État. Hélas, le seul remède eût été de rendre aux prix des bulbes leur niveau d'avant le krach, mais il était manifestement inapplicable, et les richissimes de la veille furent laissés avec leurs pertes.

Ils ne restèrent pas seuls dans leur malheur. L'effondrement du prix des tulipes et l'appauvrissement qui en résulta eurent un effet réfrigérant sur la vie économique hollandaise dans les années qui suivirent. Ils provoquèrent, dans la terminologie moderne, une très sérieuse récession. Il y eut un seul adoucissement : la culture de la tulipe se poursuivit en hollande, et de vastes marchés s'ouvrirent finalement pour les fleurs et les bulbes. Celui qui a vu, au printemps, les champs de tulipes de ce pays calme et plaisant gardera toujours le sentiment que la tulipomanie anticipait réellement la vraie grâce de la nature.

De J. K. Galbraith, Seuil 1992 - Brève histoire de l'euphorie financière - Chap 3 : La tulipomanie


article n°13/562
le 22/09/2008 à 13:56
mes idioties

une nuit

Elle tournait, tournait et se retournait dans mon lit. Elle n'arrivait pas à dormir.

Que se passe-t-il ? Je demandais. Tu veux qu'on aille prendre l'air ?

Elle fit oui. Elle voulait. Nous sommes allés sur le banc, dehors, sous le porche. Nous avons regardé la nuit. Un peu.

Elle dit. Je ne peux pas t'entrainer avec moi. Je ne veux pas t'emmener trop loin. Je ne suis pas une bonne personne. Je ne suis pas quelqu'un de gentil.

J'ai dit. Je n'ai pas peur. Et je saurai me protéger. Je veux essayer.

Mais je savais. Déjà. Elle avait regardé mon univers. Elle avait imprégné ma chambre, mes livres, mes anecdotes. Mon petit monde. Musée des souvenirs. Elle avait fui.

Nous nous sommes recouchés. Mais tout avait changé. Le reste n'a été que contre-plongées. Rémanences de cette nuit.

Ou tout s'était décidé.


article n°14/562
le 14/09/2008 à 05:21
mes idioties

un monde

ressembler.
plaire. plaisanter. plaider.
planifier.

confondre.
me moquer.
me vider. me dévider.
m'oublier.

m'assoupir.
m'exister. me subir.
me plier.

m'être.
ou me m'être ?
m'arriver ! me penser...
m'éprendre.

m'amouracher.

m'étonner. et surprendre.
imparfaire.
fantaisire.

délirer. délivrer.
me livrer.

dépoussièrer.


article n°15/562
le 05/09/2008 à 18:28
24 images secondes

L'Île aux Fleurs

L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado, sorti en 1989.

Titre original : Ilha das Flores
Brésil, 1989
De Jorge Furtado
Scénario : Jorge Furtado
Avec Júlia Barth, Paulo José, Ciça Reckziegel
Durée : 12 minutes


article n°16/562
le 02/09/2008 à 14:37
in the afternoon

Мойша Захаравіч Шагалаў

photographie de Marc Chagall par Carl Van Hechten

"Mon cirque se joue dans le ciel, il se joue dans les nuages parmi les chaises, il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière."

Au-dessus de Vitebsk, huile sur papier, 1914, musée de Toronto, Canada.

"Je regardais les cubistes de côté et pensais, qu'ils mangent à leur faim leur poire carrée sur leur table triangulaire. Mon art, pensais-je, c'est peut-être un art insensé, un mercure flamboyant, une âme bleue jaillissant sur mes toiles et je songeais, à bas le naturalisme, l'impressionnisme et le cubisme réaliste : ils me rendent triste et contraint."

Autoportrait de Marc Chagall.

"Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d'amour et d'espoir."

Moi et le village, 1911, New York, musée d'Art Moderne.

"En somme, je ne suis qu'un peintre de bouquet."

Marc Chagall - Ma vie - 1923


article n°17/562
le 23/08/2008 à 04:12
mes idioties

wie sagt mann, du bißt ein bißchen verrückt

Je découvre le russe blanc et m'en remet au vent. Je ne change pas, vraiment. Je bois du petit laid et me fais ivre des boires. Demain et je vilain, et je serai le pitre. Si seulement c'était vrai, et juste souffrirai, mais las, crise, what crisis, je serai renégat, et alcoolique en plus, l'épouvantail du soir.

Et N est en colère, elle gronde et me répète...

Que picoler, c'est mal, absurde et indigeste.

Bah. J'en fais qu'à ma tête, idiote, toujours, d'ailleurs. J'ai l'absurdite aigüe qui ne se soigne jamais et la conscience tranquille du borné au réel. Héhé, ne pas's marrer.

Allez, un aut' russe blanc !

Un tiers vodka, un tiers liqueur café, un tiers lait en entier et le russe blanc est fait, bah, c'est pas dur en vrai, une cuillère pour touiller.

Que dire et je me pose. Dans le temps, je vivais un monde ou vont les choses. Aujourd'hui, piètre à voir et à transcrire le soir, il ne se passe plus. Et l'idiot crie famine.

Une histoire écrite par... Mmm... C'est dans le titre, si plus idioties, il n'y a, plus histoires, il n'y a plus, et plus fureur et bruit se mêlent, et plus signifient rien, et plus c'est une histoire, et plus de bruit ! Et plus de fureur ! Et plus de bruit ! Et plus de !

Hop à la...

Relax, baby, be cool...

Je bois mon russe blanc et je réfléchie, je souffle, je m'économise. Le reste va vite et je me pose.

Et le shérif est là et avec lui la loi, sous son grand sombréro, il a l'air d'un héros !


article n°18/562
le 03/08/2008 à 09:21
mes idioties

Vamos a la playa

<holiday class="charentes_maritimes">let's go</holiday>


article n°19/562
le 01/08/2008 à 15:22
des nourritures terrestres

Ganache au chocolat

200g lait
200g crème liquide
3 gros oeufs
40 gr de sucre
125g de chocolat

Mélanger les jaunes d'œufs et le sucre. Faire bouillir le lait et la crème. Sur le feu mélanger les deux sans arrêt jusqu'à épaississement. Hors du feu ajouter le chocolat et remuer jusqu'à ce que ce soit homogène. Dresser dans des verrines et mettre au frais.


article n°20/562
le 08/07/2008 à 13:14
mes idioties

La grand-mère et le bras (UPDBDC remix)

" Cela n'a pas l'air d'aller, mon petit monsieur ? "
Il se retourne, regarde s'il y a quelqu'un derrière lui. Non, personne, pas de doute, c'est bien à lui que cette question s'adresse. Il regarde alors du coté de la voix. Il y a une vieille dame. Elle doit avoir 90 ans.
Il répond enfin :
" Si, je vais bien... Merci. "
Il se lève. Il est beaucoup plus grand qu'elle. Elle le regarde affectueusement. Le héros ne sait trop quoi ajouter. A quoi bon lui raconter ses souvenirs d'enfance ? Elle n'en a sans doute rien à faire. Il avise la route et dit :
" Voulez-vous que je vous aide à traverser la route ? "
" Oh oui, répond la vieille dame. Cela me ferait extrêmement plaisir, mon petit monsieur. "
Pendant une fraction de seconde, il s'étonne. Pourquoi l'appelle-t-elle son petit monsieur ? S'agit-il d'un quolibet ? Il s'apprête à fuir... mais se ravise. Il lui offre son bras.
La vieille dame a déjà recommencé à parler :
" Vous savez, mon petit monsieur, quand j'étais jeune, je n'avais besoin de personne. Je sautais par-dessus les haies. Je parcourais de très longues distances à bicyclette. J'étais infatigable. Aujourd'hui, je suis bien âgée. Je suis fatiguée. Mes reins me font mal... "
Le héros savoure cet instant. La conversation de cette vieille dame est délicieuse. Il lui laisse volontiers son bras. Ils vont ainsi tous les deux à travers la ville, sous les étoiles. Il l'aide à traverser toutes les routes qu'ils croisent. Il lui sourit.
Elle continue à l'appeler son petit monsieur. Et il commence à aimer cela.
" J'habite ici, dit-elle enfin. Vous venez boire un café ? "