"Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer."
H.F.T. - Autorisation de délirer - 1979
"it is a tale told by an idiot, full of sound and fury signifying nothing."
Inspirer. Regarder, gouter, sentir, toucher, entendre. Dehors l'orage gronde, le sentir dans ma chair. Et ne plus dériver. Loin des peurs, loin des pleurs, expirer. Hors des lieux mystérieux où rien ne bouge jamais. Sur cette terre pas d'immuable. Jamais. La route est déserte à cette heure de la nuit et la fenêtre close. L'ouvrir en grand, ressentir le tonnerre. L'esprit est endormi, seuls les sens s'activent à l'unisson de rien. Ne pas me compromettre, ne rien imaginer. Laisser faire cet orage, pouvoir l'apprivoiser. Mais je ne suis pas de l'étoffe dont on fait les héros, non, vraiment pas. Je n'ai pas la prétention de snober l'univers. Couard, faible et sans art. C'est juste que je ne dors pas, je me prend à rêver.
article n°41/562
le 14/09/2007 à 22:52
les mots des autres
"Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer."
H.F.T. - Autorisation de délirer - 1979
article n°42/562
le 04/09/2007 à 17:39
mes idioties
Retour à la mine. Retour au charbon. Trimer. Se démener. Et s'épuiser encore. Jusqu'au bout de l'espoir. Usure et amertume. Bas salaire et misère.
Pour qui ? Pourquoi ?
article n°43/562
le 29/08/2007 à 17:44
mes idioties
Clavier deux jours de suite. Deux jours de suite envie d'essayer. Quelques mots pour me rappeler. Qu'il fut un temps ou - thérapie - j'écrivais des trucs ici. Un rhum contre le rhume. Un sky contre le ciel. Une bière pour conjurer. Ce genre de trucs que je tente d'oublier. Je décline la réalité et m'alienne en absurdies, j'aime bien. Ne me soucie pas. J'aime l'état d'ivresse, douce, et sans obscur, ou tout miroite doux, léger. J'aime ces entre-deux, en pause d'obligations. À contrario d'hier ou les vacances voulues dansent avec mes sens. Et je sens, je respire, je vis pour la journée. Après-midi tangible qui s'exprime, m'émerveille. Imprime. Encore une journée neuve, à nulle autre pareille. Et une journée de plus. Et je reste curieux de ces jours à venir, de ces moments à jouir, de ces instants à être. Et je reste envahi de ce monde qui s'étale, et bouge et change sans cesse. Et ces êtres qui se croisent, et croissent, et croient et crisent. Autant de circonstances et autant de beautés. La magie sous mes yeux et j'ose regarder. Et vivre encore un peu. Oui, vivre encore un peu. Me poser une seconde, et fixer l'horizon, loin là-bas, au grand-large. Contempler la nature et me minimiser. M'appartenir peut-être à ce grand-tout, tout est. Ma confiance se loge là, au fin fond de l'oubli, lovée dans l'espérance. Je crois toujours dans mon étoile. Pathétique sans doute. Peut-être moins pitoyable. De crises en rémissions, sans doute restent des traces qui forment mon entité et me poussent et me forgent. Optimiste aujourd'hui et demain au-dessous. Je n'ai rien à dire, rien à exprimer, rien à transmettre, je ne suis qu'un éternel voyageur, je cherche encore mon port d'attache. Lieu de pause et d'exil, de libération et d'aventures. Fantaisie et repos d'âme, mon utopie. De mes rêves, que reste-t-il ? Des fonds d'idées, des fonds de verre, des fonds de temps passé qui balaient et qui tordent, essorent et appauvrissent. Je me sens vieux parfois, déjà ringardisé, déjà pied au plancher vers la fin qui accoure et tellement loin de moi. Je me dis libre et fier, je suis couard, prisonnier, de mon propre état d'être. Je ne m'aime pas et je m'aime trop. Je m'écoute et j'ai peur de partir avant l'heure. Quelle heure ? Je crois toujours mourir d'un cancer fulgurant, d'une rupture d'anévrisme, d'un accident du cœur. Check-up consternant, permanent et polluant. J'ai oublié la joie et le rire et la paix. Je ne me détends plus. Je stresse... Continuellement.
article n°44/562
le 28/08/2007 à 18:16
mes idioties
Et je ne décide plus. Ne sais plus ou aller. Ni à quel sein me vouer. Et mes prières sont vaines. Des insomnies d'attente. Je lutte à déraison et me projette encore. Encore un peu. Encore croire. Encore un peu. Loin. Et sans emploi. Perspectives au déclin. Finir par accepter. Oisiveté forcée. Qui me mine et me brime et me brise et me prive. Je n'arrive pas. Je n'aime pas. Je ne souris pas. Ces temps-ci, ce n'est pas ça.
article n°45/562
le 24/08/2007 à 15:30
mes idioties
Assis face à une bouteille d'alcool presque vide. Chancelant. Désorienté. La terre tourne, la tête tourne, la main passe...
...Il fait jour. Le héros est sur la plage. Il est seul. Il a mal à la tête. Il a encore trop bu. Depuis son arrivée ici, il ne fait que ça. Boire. Toujours plus. Il s'est trouvé deux compagnes, l'alcool et la migraine. La migraine est là le jour et l'alcool est là la nuit. Il oscille lamentablement entre le réconfort d'une bouteille et la douleur sur son front.
Il prend des vacances...
Mais il faudra bientôt rentrer. Il doit retrouver sa route. Il l'a aperçu avant de partir. Oui, il doit la retrouver. Il y passera le temps qu'il faudra. Il retournera les montagnes. Mais il la retrouvera. Le héros se lève, la migraine se dissipe, il jette sa bouteille à la mer et prend le chemin du S.O.S.
article n°46/562
le 17/08/2007 à 12:01
un peu de musique
"The sky's too blue
birds singing outside of their cage
and the sun takes out people rage
From birth to death
hapiness is misundestood
There's no image of earth
from the beginning of my childhood
i wish it would rain
i hoped the summer end
but body and mind
are not connected to the planet
Summertime, i just can't stand
i can see the void in my hand
Summertime, i wish you falling
and your sky, raining..."
Alison Yorke - From birth to death - 2007
article n°47/562
le 16/08/2007 à 22:10
mes idioties
Des accords de musique. Pas d'accords de principe. Désaccords, anecdotiques. Se posent au crâne rugissant. Pèsent sur l'encéphale. Omerta. Non-dis. Brulures. Se mêlent des envies, se mêlent des non-lieux, se mêlent des manques, des rages, des autrements. Je ne me sens pas. Ni ailleurs, ni ici, ni autre part d'ailleurs. Réminiscence d'évidences passées, ni guéries, ni passées. Pas à ma place, pas la place, et quelle place ? Le cul entre deux chaises, ni assis, ni debout. Plié sous le poids d'une tête trop lourde. Se plait à mal tourner. J'exorcise, ou j'essaie. Je lutte. Me dis que je pense faux, que je pense à l'envers. Mais la pensée est là, insidieuse et vicieuse. Elle me tient, me ronge et me taraude. Me façonne en autrui et me tend comme un arc. Bandé, et tout en nerf, épris de liberté. Je regarde l'au-dehors. Désarroi, désorienté. Je néglige l'intérieur au profit d'un rien-vide. Je n'irai pas. Je ne sais où. Je ne guéris pas. Je ne change pas. À chaque mieux, son miroir. Et je regarde les deux. Je suis las. Épuisé. Fatigué d'essayer, de ne rien pouvoir faire. De me dire tous les jours que demain sera mieux. Mon moral est en berne. J'ai hâte d'aller me coucher. Et de dormir. Tranquille. Je réalise enfin que je vais vivre ici. Loin de mes cieux, loin des miens et mon trouble se grandit. Et c'est dur par moment. Situation déjà vécue, situation déjà déçue. Je m'éloigne de plus en plus. Et de plus en plus seul. Associable en horreur, tous les jours plus pesant. Et jamais comme les autres. Toujours à observer, toujours dans la retenue. Et ne jamais parler. Jamais savoir quoi dire, jamais savoir me lier. Et toujours à côté. Comme un résumé. À côté de tout. À côté.
article n°48/562
le 13/08/2007 à 13:45
mes idioties
Mes premiers pas ici, dans ce nouvel endroit. Des hauts, des bas dans mon relief à moi. Toujours ultra-sensible, à fleur de sensations, les émotions surgissent. Et le mois d'août s'étire quand mon moi-doute s'en va. Une semaine difficile ? Je ne m'en rappelle pas. Je vais bien, je m'installe, me promène et profite.
Le Finistère est beau, vallonné de mystères. Du haut de ma colline, la vue est magnifique. Mon village accueillant, charmant et authentique.
Je ne regrette rien.
J'ai eu peur, au début, de demains sombres et tristes. Inconfiance habituelle, incertitudes chroniques. Inconsistance, tout cela. Imaginable enfui. Je caresse mes rêves. Ils sont si proches cette fois. Euphorie.
J'ai foi dans cette aubaine, dans ce nouveau départ.
Mon esprit est en liesse et mon cœur est en joie. Amoureux toujours plus, je projette l'idéal. Je deviens raisonnable, apprend à me contenir, apprend à vivre avec les instants-déplaisir. Car tout est passagé, et le vent chasse la pluie. Le soleil sous-jacent réchauffe la nuque offerte. Ne plus rester dans l'ombre quand la lumière s'invite. Festoyer, apprécier.
Il est tant à aimer quand le regard est neuf. Et pur, et bon, et vrai. Il est tant à aimer quand le regard embrase le bonheur d'un instant, la beauté d'une couleur, la pureté d'un moment, la vérité du cœur.
La légèreté de l'être.
Je n'ai plus envie de pleurer, de m'attrister encore. Plus envie de nourrir des fantômes d'un autre âge. Plus envie de provoquer, d'être un méchant gratuit. Plus envie de faire mal, de faire souffrir et pire.
Je change avec le temps. Mon printemps est venu. Je jette ma chrysalide et m'éveille aux beaux jours. Et je déploie mes ailes, je deviens papillon, un elfe de lumière.
Mes premiers battements d'ailes dans ce nouvel endroit. Je survole et navigue dans mon relief à moi. Et le mois d'août s'étire, quand mon moi-doute s'en va. Et des temps difficiles ?
Je ne m'en rappelle pas.
article n°49/562
le 20/07/2007 à 12:14
mes idioties
Voilà. Les cartons attendent dans l'entrée. Les meubles s'empilent dans le salon. Et je quitte cette maison. Mon premier déménagement ou tout ne tient pas dans ma voiture. Ou tout ne réside pas dans le hasard d'un futur, obscur et terrifiant. Penser, envisager, construire. Rêver. Pour un vrai projet de vie. Que je veux réussir. Me faire aider aussi, puisqu'il en est ainsi. Des blessures trop profondes, ne cicatrisent pas, seul. Inverser les tendances, ma spirale de descentes, d'échecs, d'hypocondries. Et tenir mes promesses, je me suis engagé. Je suis quelqu'un de bien, je ne pourrais être autre. Je veux être un bon père, bon compagnon, bon fils, bon frère, bon oncle, bon homme. Mon âme est toujours pur et mon cœur est vertueux. On m'aime toujours autant et je suis redevable. Ne plus être méchant et ne plus faire pleurer. Taire les douleurs, plus jamais me complaire. Je veux de cette vie là, ou je serai heureux, ailleurs, et pas si loin. Je veux de cette vie là où je vais réveiller le meilleur de moi-même. Trop longtemps endormi, bien trop longtemps enfoui. Je suis grand maintenant - n'était pas suffisant. Je suis fort maintenant.
article n°50/562
le 18/07/2007 à 02:46
mes idioties
Bourré comme un quoi..
À chercher à parfaire. À chercher à mal-faire. Requiem for a dream, a naze, an alcoolic, requiem for my face. Je me jauge, essentiel, circonstancié, rebelle. Je me rigole, croupie, je plaisante l'atout-va. J'ai rien qu'on aime à être. Je tend vers des lieux monstres, j'ai la fièvre d'endroits laids. Je vaque à l'inertie, tant de gens à maudire. Je finirai perdu, je le sais, je le sens. Je ne souviendrai plus.
Je dirai à des gens que je suis roi du monde, je dirai à l'instant que je suis roi-seconde, je moquerai ma vie comme on rit d'un cimetière, je saurai me surfaire. Je saurai m'indécire. Aucune alternative, acte vif, belliqueux, je marche dans les maïs, les blés, les seigles. Meuh ! Je suis loin, je suis là, un endroit au dehors, je ne l'imagine pas.
Corruption, tête de mort, recouvrance, saloperie, des lieux qui choquent et vivent. Des lieux foulés, et merde, ou la peine n'est pas loin. Des lieux qui me font peur. J'oserai peut-être aller, et voir, et dire et faire. J'oserai peut-être, peut-être. Et puis je n'en sais rien.
Il est tard.
Bourré quoi.
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Le 11 juillet 2004, jour de désœuvrement, quelque peu désorienté, je couchais mes premiers mots sur ce cyber-espace. Espace qui me ressemble, sans décors, artifices. Structuré, catégorisé, daté. Ces cadres-repères que je bouscule souvent évitent aux pauvres phrases de tituber de trop. Vascille, oscille, sinusoïde reflet de mon temps qui s'écoule. Y trouvé-je mon compte ? Écrire me plait assez. Oh, c'est bien inégal et sans fil conducteur. Espace semi-public au contenu privé. J'y écris mes peines, mes joies, mes émotions, mes goûts, mes sensations, mon vécu, ma vie. J'y cite des auteurs, présente de la musique. Les langues s'y mélangent. Internationalisation.
J'ai toujours pensé arrêter un jour anniversaire...
Peut-être vais-je continuer. Anonyme page personnelle perdue sur l'immense toile, coque de noix, radeau de fortune. Elle est un miroir dans lequel je ne me mire jamais. Elle est une trace, un souvenir, anecdotes d'existence. Sans consistance, sans rythme, sans valeur, sans recul. Elle reste encore et toujours cette histoire écrite par un idiot, pleine de bruit et de fureur qui ne signifie rien. Elle est un exercice, un arrêt sur image, une pause quotidienne. Un moment de détente, un instant d'analyse, un regard sur moi-même. Elle est moi et elle ne l'est pas. Elle est le moment ou je m'arrête. Elle est l'instant repli. Autodérision ? Autosatisfaction ? Autosuffisance ? Auto, auto, auto... 562 articles aujourd'hui. Mysanthropie.