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Une minute

Ici dans d'autres murs ou le temps est clément, emprunt d'un univers, mien, que j'importe. Je m'égare, me déplace et gère – j'erre – l'inconnu. Je ne crois pas être différent, tant que ça... Juste peut-être décalé. Hors-réalité, hors-circuit d'une minute qui dure... Rapide, je me ressaisis, reconsidère l'entours. Pas inconnu.

J'aime ici.

Comme d'habitude à la nuit, je m'interroge à l'escient de ma contre-façon. Me délite dans l'absurde.

Que j'aime extrapoler cette minute d'ailleurs, elle surgit de nulle part, elle est drôle, elle plaisante. Plaisante. Un instant hors de, un temps de liberté. Et mon esprit s'égare, répond à son appel, se perd en conjectures, infrastructures de l'air. Circonscrire mon état et chanter la cocotte... Minute, minute, papillon...

Nécessaire, vitale ? Une minute dé – libère. J'orgiaque, je danse, je crie.

Violence contenue, maîtrisée ? Violence apprivoisée que je regarde, ému, comme un sens. Je n'y crois pas, trop lointaine, trop incertaine, elle se dessine vaguement parfois au détours d'une seconde et se meurt dans mes bras. J'ai l'absurde vague-à-l'âme, insouciant, prépubère. Et je n'ai pas la force. Je suis doux, je suis agneau, je suis gentil comme tout.

Une minute griffe, une minute mord.

Cette minute, j'y suis intimement lié. Je l'aime, elle me libère, elle pardonne. Elle conditionne ma sociabilité, ma perséverance, ma normalité. Elle me fait être sauf, elle atténue l'angoisse et le doute et le risque. Elle me regarde en face, je m'y suis habitué. Reflet d'un miroir que je regarde trop, peut-être. J'y vois Narcisse, sévère, une enclume sur la tête. Il sourit et il coule, imbécile bien-heureux. Je l'observe de loin.

Mégalo d'une minute, je m'en sors plutôt bien...