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article n°1/569
le 01/02/2012 à 18:01
mes idioties

Traumatismes (cold-f 2012)

Incantations, récurences, reviennent tels des non-dits, des interdits. Me re-voilà.

Je ne change pas. Malade aux premiers frimats de l'hiver. Ma tête fait des siennes, je me suis habitué. Je frissonne aux sons de l'alligator 427, je pleure presque. Et je constate. Le temps passe, le temps casse, le temps use, le temps sue, sa misère, ma misère. Ma tristesse faite, défaites. Ma laideur, décadence. Je regarde ces années, combien déjà, cinq, six ? Égarements, tragédies ? Je m'ennuie, désespère. Un jour peut-être ailleurs, un jour peut-être bonheur, un jour peut-être, un jour. Consommation d'alcool en progression, un litre, deux litres, demis. Respiration, exécution. Habitude, attitude, hébétudes. La fuite habituelle, confortable, spontanée. J'ai beaucoup d'expérience. Rat de laboratoire. Faillites et périclites.

Rien ne m'habitue à rien. Je reste neuf toujours. Et toujours en émoi. Réactions de l'autre traumatise, désanime, chagrine et contamine. Retour à l'inconfiance, inconsistence. Méfiance. N ne me désire plus. N a d'autres chats à fouetter. N ne parle pas. N ne s'explique pas. N ne sait pas. Et moi non plus. Et moi non plus n'explique pas, et moi non plus ne sais pas. Je me lasse et me fâche, me colère et me perd. C'est une mauvaise passe ? Une passe ratée ? Une passe perdue ? Incompréhension reine ? Incompatibilité reine ? Les questions n'en finissent plus. Et des réponses ténues.

Un jour viendra peut-être ou je saurai dire non. Marre de cette nana là, marre de cette nana, j'étais bien pire avant, caliné par maman, tout le temps ;o)
Je lui dirais merde, avec condesendance, familiarités et je saurais lui dire. Elle, Comme un bouclier, me tuera sur l'entamme. Belle parleuse, à quoi bon. J'ai longtemps esperé, me suis battu pour -nous-, j'ai cru longtemps qu'il fallait de l'indulgence à tout, j'ai laissé faire et être et transpiré et pué et ma fille crie -papa-et-maman-et-Oganne- comme un -restez-encore-et je-vous-veux-ensemble-papa-maman-persiste et la vie est à moi. J'ai une vraie lassitude, aujourd'hui, n'en veux plus.

Des derniers mots pour dire que le mal est dans le fruit, je n'aime plus, n'en veux plus et ne sais comment dire. Trop souffert d'ignorance et de demains bien mieux, de longues convalescences, de conflits adipeux. N est partie, je crois, autre monde que le mien, N ne reviendra pas.

Et

Je crois qu'il est temps de fermer ce blog. Il faut que je m'y emploie. Plus rien de passionnant, J'ai perdu les ficelles. Plus de marionettistes ou de montreurs de fauves. Je ne sais plus quoi dire, quoi écrire ? Page blanche. Quoi ? Les mots s'en sont allés... Les ai laissés partir.

Il fut un temps, les mots étaient... Maux et vice et versa et j'aimais bien l'idée et je jouais, facile, avec la langue française.
De jeux de mots en jeux de maux, je pleurais sur mon -je-, j'abdiquais, m'accablais...
Pas de scrupules à écrire un texte par jour, ressemblant, adéquouat, cohérent.
Je m'en portais garant.
À cette époque, je revendiquais la teneur...
Insolite, iconoclaste, exquis de mes propos.
Extravagance.

Bah oui ! Ajouter encore serait-ce que pure illustration d'un entêtement. Vouloir toujours plus, exacerber, exprimer. Lucidifier son moi, t'as quoi, moi j'ai froid. J'ai pas le souvenir de passions invitées, ou si peu, ou alors, un moi vite affecté. Revendiqué, encore, des souvenirs peu glorieux, fonds de musique, fonds de bière. Alcool, à bon escient, pour la plupart des titres, blog au bord du rien, à deux grammes est lisible. J'ai écris dans l'alcool.

Bof !
La vieillerie, vieille vieillerie, s'invite. Et me déstabilise. Me choque en alzheimer, me traumatise vivement. Plus lent à réfléchir, plus lent à réagir, plus lent à fomenter. J'ai l'âge de l'amaturité. Plus l'idée de rien et plus d'idée du tout, je sens la naphtaline, l'eau de cologne, l'athrite.
Je disparais seulement, j'existe un peu moins vite, mon visage se pourfend et lui aussi subsiste. Je n'ai plus rien à dire.

Et avec élégance.
Vous tire ma révérance.


article n°2/569
le 06/11/2011 à 21:11
mes idioties

À l'oubli

Reflechir. Qui est-ce ? Se demander. Qui ? Demander. Quand ? Navrer. Quoi ?
De mal en pis, de pis-aller.
Oublié l'existence. Autrui être ? Et nier.
D'eux tout ou rien, d'eux tout dépendre, d'eux tout résiste.
Un monde inflammé, un monde débilité, un monde à moi, sordide.
Un monde que j'octroie, vocifère et lutte, un monde se lasse.
bonne raisons.
Damné.
Je parle je fuis, me tais et fuis.
Dans un me souvenir au taquet, restes de synopsys - je - et puis ça saoule.
Pas d'infinie descence, pas d'infini exutoire, notion de comptabilité...
Ce pourrait-il que je peux demander, questionner, aimer, dire ?
Un tout pour un rien.
Obscur vagabond et sournois... Pas d'empatie, s'il suffisait seulement si...
Je n'aime pas. Je ne saurai jamais aimé. Je parle de mal en triste, je dévisage, je me perd.
J'ai peur.

Je ne peux rien. Je ne veux rien. Vivre libre ET... OU...
Indescence d'une ambiguité jamais guéri, toujours là, latente, aux abois.

Triste aux quotidiens, je ne gère rien. J'ai l'abstrait vagabond, comme ma nostalgie, mon sournois, je ne me dégoute des autres et ne me crois m'en passer.
Et je pleure en présence des fantômes qui me possèdent.

Je ne veux plus de ça. Suis fatigué, transpire.
Je vais quitter tout le monde, me barrer et fuir.

Encore une fois, ratée, ma vie qui s'enfuyait.

Et je me fiche de tout, absolument tout.
Et je deviens méchant, absolument méchant.

Et je serai une pierre et je déciderai seul le chemin qui m'envoit.


article n°3/569
le 14/09/2011 à 22:38
les mots des autres

Kreiz Breizh 29540

E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet
Barzh ur park bras hon eus kousket
Ur verol vras am eus tapet
D'an ospital on bet kaset
War un daol vras on bet lakaet
Ha ma lost bras zo bet troc'het
Dre ar prenestr eo bet stlapet
Ur mell ki-bleiz zo tremenet
Ha ma lost bras en deus debret
Ha ma lost bras en deus debret
Hag ar c'hi-bleiz a zo marvet
E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet


article n°4/569
le 14/09/2011 à 22:10
in the afternoon

Mémé

Tu étais Albertine, Bertine, madame Malherbe, maman, mémé. Tu étais un repère, la Guinnonière, arrêt café. Tu étais la sagesse, le mot simple, l'œil malicieux, tu avais l'étrange pouvoir de nous rendre tous heureux.

Tu étais d'humeur égale, jamais colère, toujours à rire. Conteuse d'histoires ou confidente, tu philosophais la vie. Tant de gens qui t'ont aimés, tant de gens réconfortés. Tant de gens au désespoir de ne plus te voir aujourd'hui.

Il était une fois un petit bout de femme née en dix-huit, grandie dans l'entre-deux, Mesnil-Auzouf, déjà résiste. Petite fille au champs, garde les vaches, s'occupe des siens, a foi dans l'existence, croit en l'amour au quotidien. Adolescente, jeune fille cœur pur, défend le faible et l'opprimé, écoute de l'accordéon, s'éprend d'un bel homme de Servon. Une histoire, toute son histoire, écrite dans l'échange d'un regard et de l'attente, beaucoup d'attente et des retards, beaucoup de retard. Des parents pas décidés à marier leur belle ainée et puis la guerre dans la foulée, le jeune marié fait prisonnier. Albertine résiste encore, ne travaille pas à l'usine. À fabriquer des engins de mort, elle préfère crier famine. Et la guerre cesse, enfin du temps, deux beaux enfants et des sourires, années cinquante, années soixante, elle fabrique ses souvenirs. L'Allemagne a laissé sa marque, son homme malade, le crabe est là, c'est le moment de l'hopital. Et toujours en résistance jusqu'au jour de l'anévrisme, la laissera chancelante. Albertine remonte la pente, nous sommes dans les années deux mille, arrière-grand mère toujours souriante, belote, crapette ou bien dix-mille.

Tant d'années pour toi, petite dame, sans ne jamais rien lacher, véritable leçon de courage, nous ne t'oublierons jamais.

Tu resteras près de nous et nous transmettrons ta foi, ton âme, ta générosité à ta descendance aimée. Ta vie par delà le triste, ta vie par delà le sort, ta vie, en réumé d'un vingtième siècle, s'en est allée.

Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu m'aimes
Car moi je mourrai aussi
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité
Dans le ciel plus de problèmes
Dieu réunit ceux qui s'aiment


article n°5/569
le 11/05/2011 à 18:49
mes idioties

M'instantaner !

Et réapprendre le temps qui passe. Fluide. Dilué dans l'émerveille. Pas d'obturation, non, pas de mauvaises pensées. Ne tient à rien vraiment cette barrière psychopathe qui fait aimer, haïr, sublimer, détester. Ce souci de j'ailleurs, de je t'aime et me fuis, ce souci d'absolu qui résiste, qui préside... à la dissolution du temps, d'un quotidien vaincu. Et ce sublimé rien qui forge mon autre moi, rit mes instants damnés et croit en ma fortune. Et ce sublimé rien accroit mon infortune.

Se faut-il être solide et confiante et... revêche, et accepter encore mes errances anonymes, comme des pis-allés, des crises d'adultescence qui réveillent et maugréent. J'ai l'abscon vagabond, imbécile et sournois, j'ai l'expertise du pire qui sonne comme une prière. À l'aventure peut-être, à l'histoire avant tout, reconstruire, réecrire, rebâtir le demain. Nous serons trois solides, des blocs, des têtes de rocs à résonner comme fer, ferré, du bois, j'y tiens.

Ma fille, comme une déèsse, déclaration d'amour, allégresse d'un je t'aime, elle et moi pour toujours. Et maman, unisson, une famille, une maison, un toit pour telle à vivre... J'aime mes femmes, les adore, du mal à exprimer, je suis conscient.

Je sors, je remue mon passé ! -Père- J'ai vécu la misère, et maman savait peu, je suis un p'tit garçon qui a peur sale vieux. -Descend maintenant tout de suite-, -J'veux plus te voir, dégages-, au bord de la route, je ravalle mon courage. Et l'envoyer paître comme je ferai maintenant, un bonheur, laisser-être, une réponse à l'oubli.

J'ai détesté cette vie, ce tyran, sa folie, j'ai détesté son ombre plus d'une foi au soleil. Je me remet à peine d'un fou à l'inconscient obscur et chrysanthème... -Je pleure aux enterrements -. Ne plus jamais le voir, le vivre, le mal-aimer, ne plus jamais agir, réagir et moquer. Je ne suis pas seul pour ça, c'est si simple quand c'est d'autre, j'ai ma petite sœur, ma sœur, mon autre sœur, ma mère, ma mémé, des enfants et des oncles. Réagissent. Et je suis loin pour eux, arriéré, excentrique.

Je sens le temps qui passe, il m'use à sa façon, il m'érode, il me ride, se moque de mon obstination.

OK !

Clic ! Clac !

Instantantanéisé....

Et merde. (c'est pas le meilleur cliché).


article n°6/569
le 23/03/2011 à 18:24
mes idioties

On prend le même, on recommence...

Tout ce temps après. Les mêmes maux. Rien n'a changé. La même envie d'hurler. La même envie de rater. Le loser est réveillé. Comme à sa vieille habitude, il a bu, il a trucidé, il a ruiné. 6 ans de vie balayés en quelque mauvais quart d'heure alcoolisé.

Le week-end du non-retour. L'horreur s'est invitée. Dans ma tête a déconnectée. Ma maman terrorisée. Et N est dégoutée. Ma méchanceté, ma vilénie, comme des hantises dans ses souvenirs. Je suis devenu laid. Je suis devenu maudit. Mes mots, des nerfs à vif, des injections de terrorisme. J'ai abjecté l'histoire.

Sans m'en souvenir.

J'ai tué ma mère. J'ai tué ma femme. Je me suis tué. Devrais me taire. J'ai déglingué l'espoir.

Ce souvenir d'Aouregan accroché à sa mamie. En pleurs de désespoir. Ma fille. Elle a connu ce premier choc, inscrit pour toujours dans sa tête. Elle reproduit tétanisée ses cris de peur et de misère.

Et je devrais me taire.

Voilà, je pleure ce temps raté, ce moment devait être beau. Recevoir mes invités.

J'ai ressorti le vieux stéphane, l'alcoolique, le démuni, le dés-uni, l'associable. Mon pire ennemi. De rancœurs en contrariétés, de quotidien en non-dits. Des mots explosés, des mots jetés en déchets inaccomplis.

J'aurai voulu pouvoir parler, exprimer les interdits, le mal-être, le mal-aimer, la mal-voir, le mal-vivre. Je n'ai jamais réussi. Nul à la joute verbale, j'avais tord sur tout sur rien, je finissais lamentable. - Excuse-moi, tout ira bien - . Le dernier mot était pour N, les films, c'était pour moi, dans l'erreur de A à Z. Jalousie déplacée, exclusivité maladive, dans un carcan l'emprisonnait et tout était limpide. Méa-culpa dans l'absolu et dans l'absurde ironie.

Et je devais me taire.

Je n'ai pas aimé la prise de poids, le lâcher-prise et l'aversion. N ne voulait pas de gendarme, j'ai regardé ses obsessions. Et sans savoir quoi dire, et sans savoir quoi faire, j'ai gueulé, machoïsé, j'ai demandé quelques efforts. Un petit peu de ménage, un peu de considération, un peu de fantaisie, que diable, un peu d'appétit glouton. Un peu de - tu n'est pas qu'une mère -, tu es aussi ma compagne, un peu de - je voudrais que tu m'aime-. J'en avais marre de demander. Le retour était ténu. Un bon dîner et 2 câlins. N m'a contenté. Et tout a recommencé.

Maintenant le temps est à l'erreur, au gâchis monumental. À la question de ma gamine. Et je suis mal. Le plus malheureux des hommes à ne plus la voir tous les jours, et qu'elle m'oublie et qu'elle se forme à d'autres bras que les miens. Je veux la porter toujours et qu'elle soit heureuse ainsi, qu'elle me réclame, qu'elle m'ambitionne. Je veux ma fille et elle me manque du temps ou on ne se verra plus Je veux mon Aouregan.

N est fatiguée. N vient de me quitter.


article n°7/569
le 12/12/2010 à 12:12
mes idioties

Des mondes horribles

Sale, univers sale. Des hordes de déchets, détritus, accumulent. Ignobles, j'ai peur, j'ai froid.
Division désiré, je ne comprend pas.
Pas loin de dire le pire, et de saouler encore, las, pitoyable. Obscure...

Grosse, pis en pis, grosse ?
Abscence ? Oubli... Détresse de l'âme.
Chirurgie d'un jour. Et ?

La peau est grasse, le corps est flasque, l'immonde latent...
L'ignoble est là, il en veut pour sa faim.

Elle en veut pour sa fin.
Pensée : vergetures accumulent, graisses amicalent, le corps perdu...
S'à corps perdu ! S'accordent perdu.

La corde perdue !

Le souci du paraître à l'ombre du vivant. Et craindre l'observateur. Jugement défavorable ! À ne pas faire... Efforts.

Pas d'exercices.

Se pourrait-il ?
J'ai l'intention...
Il va pleuvoir de huit à neuf puis les nuages se dispèrseront...

Ainsi va...


article n°8/569
le 15/05/2009 à 13:18
in the afternoon

entre-aperçu d'Aouregan

Aouregan dort
dormir, rêver, régénérer

Aouregan pleure
pleurer, crier et grimacer

Aouregan pause
pauser, tenir ou basculer

Aouregan regarde
regarder, comprendre, apprendre

grandir


article n°9/569
le 13/05/2009 à 10:27
les mots des autres

déclaration d'indépendance du cyberespace

"Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d'acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l'esprit. Au nom de l'avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n'avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre.

Nous n'avons pas de gouvernement élu et nous ne sommes pas près d'en avoir un, aussi je m'adresse à vous avec la seule autorité que donne la liberté elle-même lorsqu'elle s'exprime. Je déclare que l'espace social global que nous construisons est indépendant, par nature, de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n'avez pas le droit moral de nous donner des ordres et vous ne disposez d'aucun moyen de contrainte que nous ayons de vraies raisons de craindre.

Les gouvernements tirent leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. Vous ne nous l'avez pas demandé et nous ne vous l'avons pas donné. Vous n'avez pas été conviés. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n'est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s'il s'agissait d'un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C'est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives.

Vous n'avez pas pris part à notre grande conversation, qui ne cesse de croître, et vous n'avez pas créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles.

Vous prétendez que des problèmes se posent parmi nous et qu'il est nécessaire que vous les régliez. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre territoire. Nombre de ces problèmes n'ont aucune existence. Lorsque de véritables conflits se produiront, lorsque des erreurs seront commises, nous les identifierons et nous les réglerons par nos propres moyens. Nous établissons notre propre contrat social. L'autorité y sera définie selon les conditions de notre monde et non du vôtre. Notre monde est différent.

Le cyberespace est constitué par des échanges, des relations, et par la pensée elle-même, déployée comme une vague qui s'élève dans le réseau de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n'est pas là où vivent les corps.

Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la puissance militaire ou le lieu de naissance.

Nous créons un monde où chacun, où qu'il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou à une norme.

Vos notions juridiques de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de contexte ne s'appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n'y a pas de matière.

Nos identités n'ont pas de corps; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l'ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l'autorité naîtra parmi nous de l'éthique, de l'intérêt individuel éclairé et du bien public. Nos identités peuvent être réparties sur un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent s'accordent à reconnaître de façon générale est la Règle d'Or. Nous espérons que nous serons capables d'élaborer nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux États-Unis, vous avez aujourd'hui créé une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui viole votre propre Constitution et représente une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu'ils sont les habitants d'un monde où vous ne serez jamais que des étrangers. Parce que vous les craignez, vous confiez la responsabilité parentale, que vous êtes trop lâches pour prendre en charge vous-mêmes, à vos bureaucraties. Dans notre monde, tous les sentiments, toutes les expressions de l'humanité, des plus vils aux plus angéliques, font partie d'un ensemble homogène, la conversation globale informatique. Nous ne pouvons pas séparer l'air qui suffoque de l'air dans lequel battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous vous efforcez de repousser le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ils peuvent vous préserver de la contagion pendant quelque temps, mais ils n'auront aucune efficacité dans un monde qui sera bientôt couvert de médias informatiques.

Vos industries de l'information toujours plus obsolètes voudraient se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent définir des droits de propriété sur la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel quelconque, sans plus de noblesse qu'un morceau de fonte. Dans notre monde, tout ce que l'esprit humain est capable de créer peut être reproduit et diffusé à l'infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n'a plus besoin de vos usines pour s'accomplir.

Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans une situation identique à celle qu'ont connue autrefois les amis de la liberté et de l'autodétermination, qui ont eu à rejeter l'autorité de pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos subjectivités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à ce que vous ayez le pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète, si bien que personne ne pourra arrêter nos pensées.

Nous allons créer une civilisation de l'esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont créé."

Davos (Suisse), le 8 février 1996.

John Perry Barlow, Cognitive Dissident Co-Founder, Electronic Frontier Foundation

Home (stead) Page: http://www.eff.org /~barlow


article n°10/569
le 04/05/2009 à 23:27
mes idioties

le lundi 4 mai 2009 à 23 heures 27

48 centimètres
2 kilos 630 grammes

Ma fille est née
Elle s'appelle Aouregan