"Les mots avec lesquels on empoisonne le cœur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme."
Carlos Ruiz Zafón - L'Ombre du vent - 2001
"it is a tale told by an idiot, full of sound and fury signifying nothing."
Inspirer. Regarder, gouter, sentir, toucher, entendre. Dehors l'orage gronde, le sentir dans ma chair. Et ne plus dériver. Loin des peurs, loin des pleurs, expirer. Hors des lieux mystérieux où rien ne bouge jamais. Sur cette terre pas d'immuable. Jamais. La route est déserte à cette heure de la nuit et la fenêtre close. L'ouvrir en grand, ressentir le tonnerre. L'esprit est endormi, seuls les sens s'activent à l'unisson de rien. Ne pas me compromettre, ne rien imaginer. Laisser faire cet orage, pouvoir l'apprivoiser. Mais je ne suis pas de l'étoffe dont on fait les héros, non, vraiment pas. Je n'ai pas la prétention de snober l'univers. Couard, faible et sans art. C'est juste que je ne dors pas, je me prend à rêver.
article n°1/5
le 27/10/2007 à 14:13
les mots des autres
"Les mots avec lesquels on empoisonne le cœur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme."
Carlos Ruiz Zafón - L'Ombre du vent - 2001
article n°2/5
le 23/10/2007 à 13:55
mes idioties
Sans doute un peu trop calme...
Mais c'est reposant.
article n°3/5
le 18/10/2007 à 03:27
mes idioties
Un temps, pas si lointain, m'annonçait le printemps. Renaissances et délices. Et plus de peurs du tout. L'hiver enfin enfuie comme la saison des pluies. Le temps des réjouissances. Ce temps d'espérance pure, à l'absolu des sens. À l'absolu de l'être, à l'absolu de l'âme. Croisait soudain ma route. Que reste-t-il aujourd'hui ? Une profonde tristesse d'impatience inavouée. Ou rien n'est comme voulu. Où tout est transformé. Ma perception difforme en quête des impossibles, à l'affût d'improbables. J'échoue encore une fois dans ma quête du bonheur. Suprême mélancolie submergera toujours et je suis son esclave. En lutte permanente, à la recherche d'une faille. Perpétuels coups de tête dans un mur trop mal fait. Même plus l'intelligence ou la sensibilité d'en définir les causes.
La tête à sa guise. Heurte les souvenirs. De mémoires en rappels. Et si c'était vrai. Et si de tragédies en inventions. Et si en arbitraire. Et si je me cachais. Sous les blâmes des aimés. Je ne me rappelle pas. Désolé. ai-je eu un éclat de rire ? Ai-je eu un instant roi ? Ai-je ressenti le bonheur d'un sourire, d'un regard ? Ai-je aimé simplement ? Vraiment ? Et ce frisson génial qui... Cette boule, là, au cœur du cœur... Souvenir de merveilleux disparu à la longue, de plans sur les comètes. Pour un régal exquis, drôle. Drôle. Quand ai-je trouvé quelqu'un drôle ? Quand ai-je trouvé quelque chose drôle ? Quand ai-je souris vraiment ? Je me débats depuis trop longtemps dans un cycle que je n'aime pas, que je ne comprends pas. J'élucubre des plans de vie qui ne sont pas les miens et je me vois fléchir. Je suis perdu.
Perdu. Perdurer. Perdre. Pendre. Et j'y repense un peu. Comme ça en accessoire. Rencontrer la dame blanche sur la route aux feuilles mortes. Des bruits de tôles froissées. Et pffuitt ! En attendant la suite. Un plongeon, un ravin, une allure, se souvenir. Des jours à penser vivre "mieux". Et m'ennuyer tellement. À perdre les raisons. Des jours que je ne vis pas. Des jours que je trépasse. Et rien à ma portée. Je me torture à dire ce que je ne peux pas. Ces mots affreux de sens, et trop violents pour moi. Cette vérité malsaine comme un relanc d'aigreur. Psychose instrumentale. Partir. Et ne plus se soucier, ni de moi, ni des autres. Partir. Trouver les mots d'excuse. Trouver les raisons vraies. Expliquer. Et se taire. Pour toujours ? À jamais ? Le monde entre mes mains, je ne saurais qu'en faire. Ma vie entre mes mains, je ne sais quoi en faire.
La peur est carnivore. Et le mal-être aussi. Il ronge à même les chairs. Oubli du merveilleux. Expose à la conscience les fantômes de souffrance. Explose les ressentis. Et la folie s'active et maladive la tête.
L'engage en dépendances et en violence chronique.
article n°4/5
le 09/10/2007 à 10:15
mes idioties
Quelques notes de piano, quelques mots d'autres époques, quelques fantômes aussi. Quelques mesures de bière, quelques heures à tout perdre. Quelques temps, quelque faire. Une recette bien établie à base de quelques choses. Une recette bien à moi, que je connais par cœur. Et ma cuisine est là, quelques riens assemblés, une soupe à la grimasse, suprême mélancolique et sa sauce aux rires jaunes. À servir chaud, bien sûr, surtout ne pas attendre. À servir froid, demain, ses restes en gourmandises. J'en reprendrai encore, buffet à volonté. Indigestes repas que j'offre à satiété.
Et me lamente encore, comme d'hab, échoue et bois. Et imagine tricher, et imagine mentir. Comme d'hab, ne pourrai pas.
Cherche toujours des raisons. Pour expliquer pourquoi. Et s'il n'y en avait pas. Si simplement c'était pour passer ce temps de chien. Attendre moins longtemps que les heures passent, trépassent. Nulles, non avenues, pas d'inutilité à ce jour oublié. Et demain la même chose, m'ennuyer à attendre, et puis envisager un lendemain qui chante. Le demain me voit rien, tout comme la veille j'étais, je végète dans le futur que j'ai trop longtemps fuis. Tout ça pour ça. Toujours pas assumé. Mais c'est pire aujourd'hui. Je ne sais plus pourquoi. Malheureux sans raison, un malheureux gratuit, un malheureux de tout. Un malheureux du vide. Que je vois gigantesque. Ce néant absolu, précipice insondable que je ne sais franchir. Toujours en marge des autres, dans l'incompatibilité d'une humaine société. Incompréhension d'être, d'état, de genre, de style. Incompréhension de sens. Ma Liberté d'hier devient mon pire ennemi. Utopie de jeunesse que je n'arrive pas à fondre. Mes pas font des sillages tortueux et psychotiques.
Je me réveille en sueur, des rêves inassouvis, crache mes venins fiévreux au plus près de mon cœur. Je cherche, attaque et mords.
Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas. Pourquoi je ne vais pas bien, pourquoi je ne me plais pas, pourquoi j'espère toujours autre chose, autrement. Le temps passe, rien ne change. L'ado, drôle et mature, devient un vieil aigri, en proie à l'inachevé. Je me promène, médiocre, fainéant, complaisant, dans mon monde sans avenirs. Où j'entraîne ceux qui croient. J'ai trop peur à la chute. Je reste aux bas des marches. Et je regarde, minable, le haut de l'escalier.
Encore parler et dire, écrire mes ressentis ? Je ne les comprends plus. Ils m'induisent en erreurs. Un va, deux ne va pas, et vice, et versa. Recommencer encore, pourquoi ? Et si rien n'était vrai, et si, tout en subtil, annonçait le contraire, et si j'allais trop bien pour ne pas m'en rendre compte, sonné par l'habitude d'une tristesse coutumière. Trop habitué au moche, je ne vois plus le beau, en perspective faussée d'un détestable bonheur. Et noircir mon pain blanc ? Un jour comme aujourd'hui, un jour qui se passe bien, devrait me voir heureux, bâtisseur et confiant. Un jour comme aujourd'hui ou tout est pire que tout, annonciateur d'horreurs, à venir et qui pleure. J'ai lâché, ai avoué mon mal-être d'être ici. Et n'ai pas écouté. Et tout s'enchaîne trop vite. En virtuoses des mots graves, virevoltent papillons nuisent.
Ce matin, autre jour. Et ces mots, maux d'hier. Que je ne comprend même plus. Mais je n'effacerai pas. Comme un triste rappel de mes états latents. Entre honte et défaite. Et gravir l'escalier.
article n°5/5
le 05/10/2007 à 20:49
mes idioties
Des sourires, des rires, des pleurs. De joie comme de tristesse. Des moments à rêver, des moments se révèlent. Des enfants émerveillent. Des grand-mères étincellent. Des sœurs réveillent les cœurs. Et leurs hommes dilettantes. Gaieté, et libre tu et puis te rappelles-tu ? Des jours comme j'en peu. Des jours comme je les aime. Plein d'animaux aussi. Du bonheur en peu de temps, et pas de mots valables. Juste le bonheur ressent. "tonton, nono, à la maty." "On se verra beaucoup moins" "et tu veux pas une bière" "si tu veux la photo" Je n'oublie rien et tout est dans ma tête, gravée, comme ça, suprême. La légèreté est là, dans cet hymne incroyable, à l'amour qu'on me porte, à l'amour que je porte.
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Le 11 juillet 2004, jour de désœuvrement, quelque peu désorienté, je couchais mes premiers mots sur ce cyber-espace. Espace qui me ressemble, sans décors, artifices. Structuré, catégorisé, daté. Ces cadres-repères que je bouscule souvent évitent aux pauvres phrases de tituber de trop. Vascille, oscille, sinusoïde reflet de mon temps qui s'écoule. Y trouvé-je mon compte ? Écrire me plait assez. Oh, c'est bien inégal et sans fil conducteur. Espace semi-public au contenu privé. J'y écris mes peines, mes joies, mes émotions, mes goûts, mes sensations, mon vécu, ma vie. J'y cite des auteurs, présente de la musique. Les langues s'y mélangent. Internationalisation.
J'ai toujours pensé arrêter un jour anniversaire...
Peut-être vais-je continuer. Anonyme page personnelle perdue sur l'immense toile, coque de noix, radeau de fortune. Elle est un miroir dans lequel je ne me mire jamais. Elle est une trace, un souvenir, anecdotes d'existence. Sans consistance, sans rythme, sans valeur, sans recul. Elle reste encore et toujours cette histoire écrite par un idiot, pleine de bruit et de fureur qui ne signifie rien. Elle est un exercice, un arrêt sur image, une pause quotidienne. Un moment de détente, un instant d'analyse, un regard sur moi-même. Elle est moi et elle ne l'est pas. Elle est le moment ou je m'arrête. Elle est l'instant repli. Autodérision ? Autosatisfaction ? Autosuffisance ? Auto, auto, auto... 562 articles aujourd'hui. Mysanthropie.