Des mots que je ne sais dire. J'accumule des "non-riens". - À quoi tu penses ? - À toi, à nous, à rien. - Le soir nous voit courtois, discussion anodine quand le silence ne pèse. Télé troisième personne, télé entre nous-deux. Télé rend respirable. - Je suis fatigué. - Qu'est-ce que tu veux manger ? - Ça a été ta journée ? - Intérêt sauve-qui-peut. Et qui rompt le silence.
Reste des caresses, tendresses, gentillesses... De gens civilisés. Un peu de sexe, encore, quelques fois dans l'année.
Je suis frustré de ce qui ne nous arrive pas. Le désir que t'enfuies. Et l'envie que t'enfouis. Et tu dis que tu m'aimes, alors sois polissonne, réveille moi mutine, et coquine, étonne moi. Je ne te souviens plus, sauvage, déshabille moi. Je ne te souviens plus, délirante, carnivore. Érogène, dévorante.
Une mauvaise passe qui dure, de trop en trop longtemps. Et l'impatience guette, et l'espérance s'émousse. Projets qui s'abandonnent, en pause de déception, projets qui disparaissent, en cause nos perceptions.