Clavier deux jours de suite. Deux jours de suite envie d'essayer. Quelques mots pour me rappeler. Qu'il fut un temps ou - thérapie - j'écrivais des trucs ici. Un rhum contre le rhume. Un sky contre le ciel. Une bière pour conjurer. Ce genre de trucs que je tente d'oublier. Je décline la réalité et m'alienne en absurdies, j'aime bien. Ne me soucie pas. J'aime l'état d'ivresse, douce, et sans obscur, ou tout miroite doux, léger. J'aime ces entre-deux, en pause d'obligations. À contrario d'hier ou les vacances voulues dansent avec mes sens. Et je sens, je respire, je vis pour la journée. Après-midi tangible qui s'exprime, m'émerveille. Imprime. Encore une journée neuve, à nulle autre pareille. Et une journée de plus. Et je reste curieux de ces jours à venir, de ces moments à jouir, de ces instants à être. Et je reste envahi de ce monde qui s'étale, et bouge et change sans cesse. Et ces êtres qui se croisent, et croissent, et croient et crisent. Autant de circonstances et autant de beautés. La magie sous mes yeux et j'ose regarder. Et vivre encore un peu. Oui, vivre encore un peu. Me poser une seconde, et fixer l'horizon, loin là-bas, au grand-large. Contempler la nature et me minimiser. M'appartenir peut-être à ce grand-tout, tout est. Ma confiance se loge là, au fin fond de l'oubli, lovée dans l'espérance. Je crois toujours dans mon étoile. Pathétique sans doute. Peut-être moins pitoyable. De crises en rémissions, sans doute restent des traces qui forment mon entité et me poussent et me forgent. Optimiste aujourd'hui et demain au-dessous. Je n'ai rien à dire, rien à exprimer, rien à transmettre, je ne suis qu'un éternel voyageur, je cherche encore mon port d'attache. Lieu de pause et d'exil, de libération et d'aventures. Fantaisie et repos d'âme, mon utopie. De mes rêves, que reste-t-il ? Des fonds d'idées, des fonds de verre, des fonds de temps passé qui balaient et qui tordent, essorent et appauvrissent. Je me sens vieux parfois, déjà ringardisé, déjà pied au plancher vers la fin qui accoure et tellement loin de moi. Je me dis libre et fier, je suis couard, prisonnier, de mon propre état d'être. Je ne m'aime pas et je m'aime trop. Je m'écoute et j'ai peur de partir avant l'heure. Quelle heure ? Je crois toujours mourir d'un cancer fulgurant, d'une rupture d'anévrisme, d'un accident du cœur. Check-up consternant, permanent et polluant. J'ai oublié la joie et le rire et la paix. Je ne me détends plus. Je stresse... Continuellement.
article n°1/6
le 29/08/2007 à 17:44
mes idioties
Recrue des sens
article n°2/6
le 28/08/2007 à 18:16
mes idioties
vacances à contrario
Et je ne décide plus. Ne sais plus ou aller. Ni à quel sein me vouer. Et mes prières sont vaines. Des insomnies d'attente. Je lutte à déraison et me projette encore. Encore un peu. Encore croire. Encore un peu. Loin. Et sans emploi. Perspectives au déclin. Finir par accepter. Oisiveté forcée. Qui me mine et me brime et me brise et me prive. Je n'arrive pas. Je n'aime pas. Je ne souris pas. Ces temps-ci, ce n'est pas ça.
article n°3/6
le 24/08/2007 à 15:30
mes idioties
Le héros est de ceux là [UPDBDC remix]
Assis face à une bouteille d'alcool presque vide. Chancelant. Désorienté. La terre tourne, la tête tourne, la main passe...
...Il fait jour. Le héros est sur la plage. Il est seul. Il a mal à la tête. Il a encore trop bu. Depuis son arrivée ici, il ne fait que ça. Boire. Toujours plus. Il s'est trouvé deux compagnes, l'alcool et la migraine. La migraine est là le jour et l'alcool est là la nuit. Il oscille lamentablement entre le réconfort d'une bouteille et la douleur sur son front.
Il prend des vacances...
Mais il faudra bientôt rentrer. Il doit retrouver sa route. Il l'a aperçu avant de partir. Oui, il doit la retrouver. Il y passera le temps qu'il faudra. Il retournera les montagnes. Mais il la retrouvera. Le héros se lève, la migraine se dissipe, il jette sa bouteille à la mer et prend le chemin du S.O.S.
article n°4/6
le 17/08/2007 à 12:01
un peu de musique
From birth to death
"The sky's too blue
birds singing outside of their cage
and the sun takes out people rage
From birth to death
hapiness is misundestood
There's no image of earth
from the beginning of my childhood
i wish it would rain
i hoped the summer end
but body and mind
are not connected to the planet
Summertime, i just can't stand
i can see the void in my hand
Summertime, i wish you falling
and your sky, raining..."
Alison Yorke - From birth to death - 2007
article n°5/6
le 16/08/2007 à 22:10
mes idioties
À côté
Des accords de musique. Pas d'accords de principe. Désaccords, anecdotiques. Se posent au crâne rugissant. Pèsent sur l'encéphale. Omerta. Non-dis. Brulures. Se mêlent des envies, se mêlent des non-lieux, se mêlent des manques, des rages, des autrements. Je ne me sens pas. Ni ailleurs, ni ici, ni autre part d'ailleurs. Réminiscence d'évidences passées, ni guéries, ni passées. Pas à ma place, pas la place, et quelle place ? Le cul entre deux chaises, ni assis, ni debout. Plié sous le poids d'une tête trop lourde. Se plait à mal tourner. J'exorcise, ou j'essaie. Je lutte. Me dis que je pense faux, que je pense à l'envers. Mais la pensée est là, insidieuse et vicieuse. Elle me tient, me ronge et me taraude. Me façonne en autrui et me tend comme un arc. Bandé, et tout en nerf, épris de liberté. Je regarde l'au-dehors. Désarroi, désorienté. Je néglige l'intérieur au profit d'un rien-vide. Je n'irai pas. Je ne sais où. Je ne guéris pas. Je ne change pas. À chaque mieux, son miroir. Et je regarde les deux. Je suis las. Épuisé. Fatigué d'essayer, de ne rien pouvoir faire. De me dire tous les jours que demain sera mieux. Mon moral est en berne. J'ai hâte d'aller me coucher. Et de dormir. Tranquille. Je réalise enfin que je vais vivre ici. Loin de mes cieux, loin des miens et mon trouble se grandit. Et c'est dur par moment. Situation déjà vécue, situation déjà déçue. Je m'éloigne de plus en plus. Et de plus en plus seul. Associable en horreur, tous les jours plus pesant. Et jamais comme les autres. Toujours à observer, toujours dans la retenue. Et ne jamais parler. Jamais savoir quoi dire, jamais savoir me lier. Et toujours à côté. Comme un résumé. À côté de tout. À côté.
article n°6/6
le 13/08/2007 à 13:45
mes idioties
Auto-satisfiction (en rose et vert et bleu)
Mes premiers pas ici, dans ce nouvel endroit. Des hauts, des bas dans mon relief à moi. Toujours ultra-sensible, à fleur de sensations, les émotions surgissent. Et le mois d'août s'étire quand mon moi-doute s'en va. Une semaine difficile ? Je ne m'en rappelle pas. Je vais bien, je m'installe, me promène et profite.
Le Finistère est beau, vallonné de mystères. Du haut de ma colline, la vue est magnifique. Mon village accueillant, charmant et authentique.
Je ne regrette rien.
J'ai eu peur, au début, de demains sombres et tristes. Inconfiance habituelle, incertitudes chroniques. Inconsistance, tout cela. Imaginable enfui. Je caresse mes rêves. Ils sont si proches cette fois. Euphorie.
J'ai foi dans cette aubaine, dans ce nouveau départ.
Mon esprit est en liesse et mon cœur est en joie. Amoureux toujours plus, je projette l'idéal. Je deviens raisonnable, apprend à me contenir, apprend à vivre avec les instants-déplaisir. Car tout est passagé, et le vent chasse la pluie. Le soleil sous-jacent réchauffe la nuque offerte. Ne plus rester dans l'ombre quand la lumière s'invite. Festoyer, apprécier.
Il est tant à aimer quand le regard est neuf. Et pur, et bon, et vrai. Il est tant à aimer quand le regard embrase le bonheur d'un instant, la beauté d'une couleur, la pureté d'un moment, la vérité du cœur.
La légèreté de l'être.
Je n'ai plus envie de pleurer, de m'attrister encore. Plus envie de nourrir des fantômes d'un autre âge. Plus envie de provoquer, d'être un méchant gratuit. Plus envie de faire mal, de faire souffrir et pire.
Je change avec le temps. Mon printemps est venu. Je jette ma chrysalide et m'éveille aux beaux jours. Et je déploie mes ailes, je deviens papillon, un elfe de lumière.
Mes premiers battements d'ailes dans ce nouvel endroit. Je survole et navigue dans mon relief à moi. Et le mois d'août s'étire, quand mon moi-doute s'en va. Et des temps difficiles ?
Je ne m'en rappelle pas.