"it is a tale told by an idiot, full of sound and fury signifying nothing."
Inspirer. Regarder, gouter, sentir, toucher, entendre. Dehors l'orage gronde, le sentir dans ma chair. Et ne plus dériver. Loin des peurs, loin des pleurs, expirer. Hors des lieux mystérieux où rien ne bouge jamais. Sur cette terre pas d'immuable. Jamais. La route est déserte à cette heure de la nuit et la fenêtre close. L'ouvrir en grand, ressentir le tonnerre. L'esprit est endormi, seuls les sens s'activent à l'unisson de rien. Ne pas me compromettre, ne rien imaginer. Laisser faire cet orage, pouvoir l'apprivoiser. Mais je ne suis pas de l'étoffe dont on fait les héros, non, vraiment pas. Je n'ai pas la prétention de snober l'univers. Couard, faible et sans art. C'est juste que je ne dors pas, je me prend à rêver.
Elle tournait, tournait et se retournait dans mon lit. Elle n'arrivait pas à dormir.
Que se passe-t-il ? Je demandais. Tu veux qu'on aille prendre l'air ?
Elle fit oui. Elle voulait. Nous sommes allés sur le banc, dehors, sous le porche. Nous avons regardé la nuit. Un peu.
Elle dit. Je ne peux pas t'entrainer avec moi. Je ne veux pas t'emmener trop loin. Je ne suis pas une bonne personne. Je ne suis pas quelqu'un de gentil.
J'ai dit. Je n'ai pas peur. Et je saurai me protéger. Je veux essayer.
Mais je savais. Déjà. Elle avait regardé mon univers. Elle avait imprégné ma chambre, mes livres, mes anecdotes. Mon petit monde. Musée des souvenirs. Elle avait fui.
Nous nous sommes recouchés. Mais tout avait changé. Le reste n'a été que contre-plongées. Rémanences de cette nuit.
L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado, sorti en 1989.
Titre original : Ilha das Flores
Brésil, 1989
De Jorge Furtado
Scénario : Jorge Furtado
Avec Júlia Barth, Paulo José, Ciça Reckziegel
Durée : 12 minutes
"Mon cirque se joue dans le ciel, il se joue dans les nuages parmi les chaises, il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière."
"Je regardais les cubistes de côté et pensais, qu'ils mangent à leur faim leur poire carrée sur leur table triangulaire. Mon art, pensais-je, c'est peut-être un art insensé, un mercure flamboyant, une âme bleue jaillissant sur mes toiles et je songeais, à bas le naturalisme, l'impressionnisme et le cubisme réaliste : ils me rendent triste et contraint."
"Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d'amour et d'espoir."
Le 11 juillet 2004, jour de désœuvrement, quelque peu désorienté, je couchais mes premiers mots sur ce cyber-espace. Espace qui me ressemble, sans décors, artifices. Structuré, catégorisé, daté. Ces cadres-repères que je bouscule souvent évitent aux pauvres phrases de tituber de trop. Vascille, oscille, sinusoïde reflet de mon temps qui s'écoule. Y trouvé-je mon compte ? Écrire me plait assez. Oh, c'est bien inégal et sans fil conducteur. Espace semi-public au contenu privé. J'y écris mes peines, mes joies, mes émotions, mes goûts, mes sensations, mon vécu, ma vie. J'y cite des auteurs, présente de la musique. Les langues s'y mélangent. Internationalisation.
J'ai toujours pensé arrêter un jour anniversaire...
Peut-être vais-je continuer. Anonyme page personnelle perdue sur l'immense toile, coque de noix, radeau de fortune. Elle est un miroir dans lequel je ne me mire jamais. Elle est une trace, un souvenir, anecdotes d'existence. Sans consistance, sans rythme, sans valeur, sans recul. Elle reste encore et toujours cette histoire écrite par un idiot, pleine de bruit et de fureur qui ne signifie rien. Elle est un exercice, un arrêt sur image, une pause quotidienne. Un moment de détente, un instant d'analyse, un regard sur moi-même. Elle est moi et elle ne l'est pas. Elle est le moment ou je m'arrête. Elle est l'instant repli. Autodérision ? Autosatisfaction ? Autosuffisance ? Auto, auto, auto... 562 articles aujourd'hui. Mysanthropie.